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VO-HA Paul

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Titres et fonctions

Ancien élève de l’École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines, agrégé d’histoire, docteur, Paul Vo-Ha est maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris 1 depuis septembre 2017.

Thèmes de recherche

Ma thèse, menée sous la direction d’Hervé Drévillon et Nicolas Le Roux, soutenue en 2015, s’intitule Rendre les armes, le sort des vaincus xvie-xviiesiècles. Elle analyse l’issue des combats et des sièges des guerres d’Italie aux guerres de Louis XIV. À travers l’étude des rites de redditions et des capitulations cet examen de la microdiplomatie à l’échelle des capitaines invite à penser la guerre comme processus de socialisation qui laisse souvent toute sa place à la négociation. La conduite de la guerre est fondée sur ces transactions et ces échanges entre belligérants, régis par la logique comptable, politique, mathématique et marchande de l’économie des moyens. La violence est strictement mesurée, pesée. Les vainqueurs souhaitent l’emporter à moindre coût et les vaincus entendent limiter les conséquences de la défaite. Le combat, notamment dans le cadre de la guerre de siège, mais aussi dans d’autres contextes tactiques, se termine donc fréquement par la négociation. Au sein de ce modèle transactionnel de la guerre, seules les notions centrales d’intérêt, d’économie des moyens, de réciprocité et de représailles permettent de comprendre le sort indécis des vaincus, toujours suspendu à l’arbitrage des vainqueurs. Ce travail envisage aussi les refus de négocier, les dénis de redditions, les accords violés et les violences extrêmes et interroge l’hypothèse éliasienne largement relayée par l’historiographie d’un recul des violences guerrières à partir des années 1650, après les guerres de Religion, pour insister sur les permanences et la longue durée. Le xvie siècle n’est pas une litanie de carnages commis par les "guerriers de Dieu" et les sièges de Louis XIV ne se résument pas à l’attente d’une reddition annoncée. Alors que des issues négociées sont fréquentes au xvie siècle, les dernières guerres de Louis XIV voient se multiplier les captures de garnisons vaincues et les assauts. La reddition honorable n’est ni une norme, ni une idéologie : elle n’est qu’une solution rationnelle au problème de l’économie des moyens. À rebours de la guerre chevaleresque et courtoise peinte par Vélasquez dans Les Lances, on assiste pendant les dernières guerres de Louis XIV à un durcissement de la conduite des opérations, à une montée aux extrêmes qui rappelle le potentiel de radicalisation cumulative des guerres modernes, qui débouchent sur des franchissements de seuils de violence au nom des logiques d’attrition, de réciprocité et de représailles, car la violence elle-même est transactionnelle. Ce travail remanié est sorti en mars 2017 aux éditions Champ Vallon.

Parallèlement, j’entame un nouveau projet de recherche autour de la place des minorités confessionnelles dans les armées françaises du xvie au xviiie siècle. L’armée royale, tout au long de l’époque moderne constitue en effet un espace multiconfessionnel, où coexistent des soldats de toutes les religions. Je pose ainsi l’hypothèse d’une armée creuset d’invention de la tolérance civile, le service armé du roi et l’impôt du sang excusant dans une certaine mesure la macule de l’hérésie.

  • Histoire de la guerre à l’époque moderne
  • Sort des vaincus
  • Violences de guerre
  • Histoire sociale et confessionnelle des armées (xvie-xviiie siècles)

 

Page personnelle sur le site de Paris 1

Publié le 13 septembre 2017, mis a jour le vendredi 6 novembre 2020

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