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Axe 3 : Savoirs et patrimoines

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Dans la continuité du quadriennal précédent, cet axe est dédié à l’histoire des savoirs et aux patrimoines. Ce thème répond aux grandes inflexions historiographiques qui ont touché ces différents domaines et qui rendent possible la convergence de chercheurs venus de disciplines différentes au sein de l’IHMC. Il ne s’agit plus d’étudier l’histoire des sciences, des techniques ou des arts, selon les découpages disciplinaires établis au xixsiècle, mais d’en questionner les frontières et les modalités de formalisation. Cet axe accordera en conséquence une place centrale aux questions de transferts et de traduction entre les champs de savoirs, illustrées par les notions d’« objets frontières » et de « concepts nomades ». On s’appuiera sur la plus grande porosité d’objets, d’approches et de méthodes au sein d’une histoire des savoirs entendue au sens large et marquée, entre autres, par le lien étroit entre les savoirs et les savoir-faire, entre sciences et expérimentations, entre institutions, acteurs et objets.

Un premier fil conducteur s’attachera à analyser, sur la longue durée (de la Renaissance au xxisiècle), la transformation du statut des acteurs, savants, artistes ou intellectuels, sous la forme de biographies ou de monographies, en prenant en compte les transformations des formes de sociabilité et des réseaux dans des contextes politiques et sociaux différents. Cette perspective s’appuiera sur l’étude, à l’échelle locale, nationale et transnationale, des « lieux » et espaces les plus variés (institutions savantes, archives, ateliers et laboratoires…) de production, de diffusion et de vulgarisation des savoirs. S’inscrivant dans les renouvellements historiographiques récents, on s’intéressera particulièrement aux opérations qui expliquent ce qui « fait » science ou art et aux dynamiques d’institutionnalisation, de légitimation ou, à l’inverse, de marginalisation de ces savoirs. Dans la continuité des perspectives portées par l’IHMC, on privilégiera l’inscription de l’histoire des savoirs dans l’histoire des transformations politiques, culturelles et sociales des époques moderne et contemporaine, en particulier les effets des savoirs sur les transformations des modes de gouvernement des hommes, des choses et des territoires. On cherchera à consolider les échanges et les collaborations entre les différents chercheurs engagés autant dans l’histoire des savoirs que dans l’histoire des techniques.

Un autre fil conducteur conduira à interroger les processus de patrimonialisation qui ont accompagné et façonné l’histoire des savoirs dans son extension la plus large. Entendue dans une perspective critique, la thématique « patrimoines » et patrimonialisations permet d’articuler approche politique et « material turn » dans l’histoire des savoirs. Elle permet également d’interroger continuités et ruptures, temporalités politiques dans les processus de collecte et d’appropriation matérielle des savoirs. On s’intéressera aux lieux de savoirs (bibliothèques, ateliers, laboratoires, musées), mais on suivra aussi les biographies des objets patrimonialisés : archives, spécimen, images et objets de science et de techniques, oeuvres d’art. On entend revisiter l’archéologie des disciplines, la formalisation des savoirs et des gestes savants. Au total, ces enquêtes sur les processus, politiques, savants et matériels, de patrimonialisation engagent une écologie de l’objet, au croisement de savoirs esthétiques, naturalistes, scientifiques et environnementaux.

Enfin, on accordera une place centrale aux questions de transferts et de circulations transnationales des savoirs à travers l’étude des mobilités patrimoniales, des opérations de traduction qui affectent les imprimés et les livres, les oeuvres d’art, les objets de science et de technique. Certains dispositifs seront particulièrement scrutés : expositions temporaires, catalogues d’exposition, mobilités des savants et des artistes.

À ces perspectives de recherches s’ajoutent des chantiers de longue date, destinés à fournir des outils à la communauté de chercheurs : publication du Journal du libraire Hardy, base de données sur la population des allocataires de la Caisse nationale des sciences de 1931/32 à 1938/39, Bibliographie de l’histoire de France.

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