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Peut-on penser la « mise en histoire de la mondialité » avec les animaux ?

1- Des perspectives pour penser une histoire de la « grande transformation » des sociétés européennes dans sa dimension mondiale et avec les animaux

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Illustration de la journée d'étude

Mercredi 19 juin 2019, de 9 h 30 à 18 h

Salle A3-35
FMSH
54, bd Raspail
Paris 6e

Journée d’étude organisée par Pierre Serna (IHMC) dans le cadre du séminaire « Histoire mondiale des animaux » de la FMSH.

« En ce début de xxie siècle, la question de l’animal impose l’urgence d’une recherche historique sur sa spécificité » affirme Pierre Serna, notant encore « qu’un processus est en marche, que l’ensemble des discours sur la nécessité d’adopter une écologie politique pour le monde entier doit densifier et rendre plus visible et compréhensible dans les opinions publiques » (L’animal en République, 1789-1802, genèse du droit des bêtes). Le champ de réflexion devient également politique dans notre époque de réseaux et d’échanges mondialisés et d’économie destructrice de la nature. Réflexion et action ont dès lors vocation à devenir universelles.

Dans cette histoire en construction, il demeure encore un ensemble de coordonnées géo-historiques. L’espace et le temps ne peuvent être tenus comme résiduels. Les relations que les hommes entretiennent avec les animaux ne se pensent et ne réalisent que selon des modalités différentes, selon les époques et à selon les sociétés. 

L’objectif de ce séminaire est de travailler à la mise en histoire de la mondialité avec les animaux. Quel serait l’angle de vision pertinent ?

Peut-on penser l’émergence d’espaces pertinents pour les problématiques du rapport à l’animal ? Jusqu’où ? jusqu’à l’échelle mondiale ?

Quelles sont les figures géo-historiques les plus pertinentes pour penser cette histoire qui se veut inscrite dans une perspective mondiale : le parallélisme ? la diffusion ? l’interaction ? la convergence ? l’universalisation ?

Quelles ruptures historiques pourrait-on construire ?

Un travail sans exclusive et d’abord marqué par un désir d’ouverture et une volonté d’échanges entre différentes approches historiques et entre différentes sciences humaines.

Cette première journée d’étude n’a encore pour vocation de répondre à ces questions mais d’enrichir le questionnement, de fixer une méthodologie et de définir des grands axes de réflexion pour les séances à venir.

Lors de la rencontre du 19 juin 2019, il s’agirait de constituer trois sessions de deux heures environ. Chacune serait organisée en trois temps selon une modalité qui permettrait un élargissement progressif de la parole. Dans un premier temps, un ou deux contributeurs principaux présenteraient une communication autour d’un animal, d’un livre, d’une date, d’une image, d’un personnage… en rapport avec le thème de la session. S’ensuivrait ensuite un débat mené par un troisième intervenant avec un élargissement progressif à l’ensemble des personnes dans la salle. La volonté serait de limiter la configuration tribune/salle afin de construire l’ouverture et les échanges que nous souhaitons mettre au cœur de nos démarches.

Trois entrées sont retenues :

  • la question des ruptures
  • les circulations
  • l’approche juridique

Introduction de la journée : Pierre Serna, Professeur d’histoire de la Révolution française et de l’Empire - Université Paris I, responsable du séminaire Histoire mondiale des animaux

1er thème : peut-on penser des ruptures ?

9 h 30 – 11 h 30

Modérateur/discutant : Boris Cattan (doctorant IHMC-IHRF, université Paris 1)

Les nouveaux pouvoirs que les gouvernements acquièrent sur les corps à l’époque moderne créent-ils une histoire politique de la question écologique et des relations homme/animal ? Peut-on envisager des ruptures et si oui à quelle échelle ?

Autour de Peter Sahlins (professeur d’histoire de l’Europe moderne, université de Californie-Berkeley) 1668, The Year of the Animal in France Comment construire une rupture ?

Autour de Pierre Serna (professeur d’histoire de la Révolution française et de l’Empire, université Paris I) l’Animal en République, 1789-1802, genèse du droit des bêtes. Penser une révolution atlantique a-t-il un sens du point de vue des relations hommes/animal ?

Autour des travaux d’Erica Joy Manucci (professeur d’histoire moderne, université de Milan) une perspective historique sur le temps long des débats autour du végétarisme. La Cena di Pitagora. Storia del vegetarismo dall’antica Grecia a Internet. Rome : Carocci 2008

2e thème : des lieux et des liens

13 h 30 – 15 h 30

Modérateur/discutant : Anne-Louise Le Cossec (doctorante, IHMC-IHRF, université Paris 1)

La vision nouvelle du monde qui se met en place dans la première mondialisation et la construction de l’occidentalisation passent-t-elles par l’appropriation de l’animal ?

Aucune collection, aucune ménagerie n’est isolée. Elles appartiennent à une société qu’elles prolongent et qu’elles ouvrent sur la planète entière. Elles participent de la naissance d’une conscience d’appartenance à une humanité commune qui passe par l’appropriation de l’animal en même temps que de la mise en évidence de différences.

Autour de la domestication, de l’acclimatement, de l’élevage : Benedetta Piazzesi (École normale de Pise) Così perfetti e utili. Genealogia dello sfruttamento animale, Mimesis, 2015

Autour des ménageries : Violette Pouillard (post-doctorante à l’université d’Oxford) En captivité. Politiques humaines et vies animales dans les jardins zoologiques du xixe siècle à nos jours. (Ménagerie du Jardin des Plantes, zoos de Londres et Anvers), thèse de doctorat, Université libre de Bruxelles-Université Jean Moulin-Lyon 3, 2015

Autour de l’étude des comportements animaux : Vincent Duquenne (doctorant, ENS)

Autour des collections : Alan Ross (professeur, université de Vienne) à paraître : « Preserving the animal body – cultures of scholarship and display, 1660-1914 », Journal of Social History, no 52/3, Spring 2019 (direction d’un ouvrage collectif).

Autour de la représentation des animaux sauvages : Katie Hornstein (Associate Professor of Art History, Darmouth College), « From Museum to Menagerie : Théodore Géricault and the Leonine Subject », The Art Bulletin, 2019 101:1, 26-47. 

Autour de l’animal-miroir, du problème humanité/animalité, des problématiques sexuelles : Silvia Sebastiani (maîtresse de conférences, École des Hautes Études en Sciences sociales), « La caravane des animaux. Circulation des « orangs-outans » et des savoirs, reconfigurations des frontières de l’humain », Diasporas,29 | 2017, 5370.

3e thème : le « rangement » de l’animal

16 h – 18 h

Modérateur/discutant : Malik Mellah (docteur en histoire, IHMC-IHRF, université Paris 1) 

Il est nécessaire d’étudier dans le temps long et dans un espace élargi les pratiques du pouvoir et de ses représentations dans ses rapports aux animaux. Les statuts et les juridiques des animaux renvoient nécessairement aux relations que les humains établissent avec eux, à des régimes de sensibilité mais aussi à l’existence même de l’être animal. Cette session reprend l’idée « que les animaux, par la gravité des questions qu’ils provoquent et l’intensité des controverses théoriques qu’ils engendrent poussent le droit dans ses derniers retranchements pour l’obliger à surmonter ses contradictions et à dévoiler ses véritables objectifs. Ranger l’animal oblige, en effet, à préciser la notion même de catégorie juridique et à poser les frontières entre humanité et animalité » (ranger l’animal.l’impact environnemental de la norme en milieu contraint II, Paris, victoires éditions, 2014)  

Autour du Droit, de l’éthique et de la philosophie : Florence Burgat (directrice de recherche, INRA), Être le bien d’un autre, Paris, Rivages Poche, 2018

Autour de l’animal dans le droit français : du Code Civil à nos jours : Pierre-Jérôme Delage (maître de conférence, université de Caen), La condition animale. Essai juridique sur les justes places de l’Homme et de l’animal, à paraître aux éditions Mare & Martin, coll. Bibliothèque des thèses – Droit privé et sciences criminelles, 2015

Autour de l’animal dans la pensée de l’âge classique et des Lumières : Véronique Le Ru (professeure des universités, université de Reims), L’individu dans le monde du vivant, Milan-Paris, Mimesis, 2015

Pour la conclusion : Peter Sahlins

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