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27 novembre 2018 – Soutenance de thèse de Jeanne-Laure Le Quang

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Jeanne-Laure Le Quang, doctorante à l’IHMC sous la direction de Pierre Serna, a l’honneur et le plaisir de vous inviter à la soutenance de sa thèse, intitulée « Haute police, surveillance politique et contrôle social sous le Consulat et le Premier Empire (1799-1814) ».

La soutenance aura lieu mardi 27 novembre 2018 à partir de 14 h à l’université Paris 1 – centre Panthéon, 12 place du Panthéon, Paris 5e, salle 216 (voir le plan d’accès).

Membres du jury

  • Jacques-Olivier Boudon, professeur à Sorbonne Université, président du jury
  • Catherine Denys, professeure à l’université de Lille, rapporteure
  • Aurélien Lignereux, maître de conférences HDR à l’IEP de Grenoble, rapporteur
  • Natalie Petiteau, professeure à l’université d’Avignon, examinatrice
  • Xavier Rousseaux, directeur de recherche FNRS à l’université de Louvain-la-Neuve, examinateur
  • Pierre Serna, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur de thèse

À l’issue de la soutenance, vous êtes chaleureusement convié.e.s au pot qui se tiendra à l’Institut d’Histoire de la Révolution Française, 17 rue de la Sorbonne (75005), Escalier C, 3e étage, à gauche en sortant de l’escalier ou de l’ascenseur, tout au bout du couloir.


 

Résumé de la thèse

Au-delà des fantasmes persistants qui entourent la police napoléonienne et son ministre Fouché, aucune étude d’ensemble n’avait encore été consacrée à la « haute police » entre 1799 et 1814. La période du Consulat et de l’Empire est capitale. Elle voit en effet la naissance d’une « haute police », qui ne constitue pas une entité policière spécifique, mais une mission : assurer la survie de l’État et de son chef, par la mise à l’écart des individus perçus comme dangereux. Les « mesures de haute police » prennent une triple forme : surveillance préventive, détention sans jugement, et envoi en « surveillance spéciale » (résidence surveillée). Les discours des autorités justifient l’existence de ces mesures extrajudiciaires et extralégales par la mise en scène d’une menace présentée comme exceptionnelle, et par la nécessité de rassurer, stabiliser et unifier. La « haute police » prend alors une place centrale dans le processus de contrôle de l’esprit public et de renforcement du pouvoir. Napoléon occupe ainsi un rôle croissant dans le contrôle et l’orientation d’une action policière tout entière tournée vers la sauvegarde de sa propre personne.

L’élaboration policière de critères de dangerosité en partie nouveaux, imbriquant contrôle politique et contrôle social, permet de construire une surveillance à l’intention panoptique. Cette recherche croise histoire des représentations et histoire « par le bas », au plus près du terrain. Elle remet en cause la vision verticale d’un régime policier, puisque la surveillance préventive s’appuie aussi sur une participation populaire, et que, d’autre part, son efficacité peut être nuancée, à l’échelle de l’Empire.

La première partie entend d’abord approcher les représentations policières. Plusieurs points sont ainsi envisagés : la justification apportée par le pouvoir politique et les chefs de la police à l’existence de « mesures de haute police », leur rapport distancié au droit et à la légalité, mais aussi les critères policiers de dangerosité présidant à la mise en pratique de ces mesures, menant à une catégorisation policière de différents groupes de suspects. Enfin, la question d’une participation populaire à la mise en œuvre de ces « mesures de haute police » est également abordée.

Une deuxième partie se concentre ensuite sur la mise en pratique elle-même de ces mesures, au moyen d’études « par le bas », qui envisagent successivement chacune des « mesures de haute police », tout en menant un jeu d’échelles entre niveau local et niveau national. Sont ainsi successivement étudiées la surveillance préventive à l’échelle nationale, la surveillance préventive à Paris, les détentions par « mesure de haute police », et la surveillance « spéciale ». Enfin, un dernier chapitre vient questionner l’évolution des « mesures de haute police » à la fin de la période, à partir de l’année 1810, qui constitue un véritable tournant, jusqu’aux dernières années, marquées par la rétraction de l’Empire et les défaites militaires, dont il faut mesurer l’impact sur l’action policière.

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Institut d'histoire moderne et contemporaine
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