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[Communications] Apprendre à couper, panser & guérir

Histoires de la formation, des compétences et des connaissances chirurgicales dans l’Europe moderne


M. de La Vauguion, A Compleat Body of Chirurgical Operations, London 1699, Table 8*

Date limite de proposition : 15 février 2022

Le colloque se tiendra les jeudi 23 et vendredi 24 septembre 2022 à l’École Normale Supérieure, Paris.

Comité d’organisation :
Maria Pia Donato (CNRS/IHMC, Paris)
Elaine Leong (UCL, London)
Juliette Rigaud (ENS, Paris)

Télécharger l’appel à communications (.pdf, 220 ko)

Ces dernières décennies, les historiens de la médecine et des sciences ont examiné les pratiques savantes de l’époque moderne et les cultures du livre ; ils ont redécouverts des genres oubliés d’écrits médicaux, et ont repensé le lien entre théorie et pratique. Des nombreuses recherches ont approfondi la question de la production et du transfert des connaissances médicales, et proposé de nouvelles histoires de l’enseignement au chevet des malades, et de diverses autres formes d’apprentissage. Ces tendances de la recherche n’ont cependant abordé la chirurgie que de manière périphérique. Les historiens de la chirurgie ont consacré l’essentiel de leurs efforts à définir les contours d’un groupe professionnel particulièrement insaisissable. Si d’excellents travaux ont étudié la chirurgie savante du Moyen-âge et de la Renaissance, il reste à explorer plus avant les cultures du savoir quotidiennes des praticiens de langues vernaculaires. C’est particulièrement le cas pour les xvie et xviie siècles : peu de travaux académiques ont abordé l’éducation et la formation chirurgicale. Quoique les chercheurs s’accordent à dire que la chirurgie impliquait une grande mobilité, et supposait différentes compétences et différents niveaux de scolarité et de connaissances, nous savons finalement peu de choses sur la manière dont les praticiens faisaient, au cours de leur vie, l’acquisition de ces compétences, que ce soit le modeste barbier pratiquant la saignée jusqu’au chirurgien diplômé de l’université. En outre, les rapports entre théorie et pratique dans cette branche de la médecine – qui réserve intrinsèquement un rôle plus important à l’intervention manuelle et a été souvent caractérisée comme la partie « opérative » de la médecine – ont été relativement peu problématisés, et restent encore, dans une certaine mesure, dépendants des points de vue contemporains sur la chirurgie.

Le but de cette conférence est d’élargir notre compréhension de la formation et de l’éducation chirurgicale en Europe entre 1500 et 1800 environ. En étudiant les livres, les images, les instruments et autres outils d’apprentissage, nous visons à déterminer leur rôle dans le transfert des savoir-faire et des compétences, et à mettre en lumière le paysage changeant de la culture chirurgicale. Nous encourageons les contributions qui situent dans les multiples circuits de transmission les connaissances pratiques riches et complexes des chirurgiens de toutes sortes. Sont particulièrement bienvenues les études qui analysent les livres imprimés et manuscrits comme textes et objets matériels, pour aborder la question de l’appropriation de la connaissance par différents publics à l’intérieur du métier ; ainsi que les études examinant la place de la connaissance livresque et de la connaissance pratique dans les divers environnements d’apprentissage et de formation ; les enquêtes sur la fonction des instruments et images visuelles dans l’enseignement chirurgical ; et tout autre étude susceptible de donner un nouvel éclairage sur le processus d’« apprendre en faisant » et de « faire pour apprendre ».

Nous encourageons les contributions de doctorants et de jeunes chercheurs en histoire de la médecine, des sciences et des techniques, littérature, art et culture visuelle, et autres domaines d’étude apparentés. Merci d’envoyer avant le 15 février 2022 le titre de l’article, un résumé de 300 mots environ et une courte biographie à Maria Pia Donato (mpiadonato@gmail.com), Elaine Leong (e.leong@ucl.ac.uk) et Juliette Rigaud (Juliette.Rigaud@ens.fr). Nous envisageons une rencontre en présentiel dans les locaux de l’Ecole Normale Supérieure, à Paris. Nous cherchons actuellement des financements et espérons être en mesure de couvrir les frais de voyage et d’hébergement des participants.


* Ces diagrammes du traité de La Vauguion, A Compleate Body of Chirurical Operations, représentent différents points de suture : le point du gantier, pour les plaies de l’abdomen et du scrotum (67) ; le point interrompu ou séparé, pour joindre les plaies obliques (68) ; le point torse pour les becs-de-lièvre (69) ; et le point sec (70).

Publié le 13 janvier 2022

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